Presqu’arrivés

Nous avons quitté Tinos et laissé derrière nous les Cyclades qui nous auront enchantés pendant presque un mois et demi. Cette dernière nuit en mer pour rejoindre les côtes du Péloponnèse n’aura pas été de tout repos. Le vent est très changeant et il faut souvent manoeuvrer. Stéphan veillera quasiment toute la nuit. Il sait aussi que c’est la dernière navigation de nuit (ou peut être pas) et a aussi envie de profiter de cette sensation particulière. Bon, ca m’arrange un peu. Baptiste et Thibault nous ont souvent dit qu’ils viendraient prendre des quarts. C’était l’ultime chance, mais nous ne verrons personne !! Nous arrivons au petit matin dans une jolie baie du côté d’Ermioni. Nous sommes alors à quelques kilomètres de Kiladha, le port dans lequel nous allons laisser le bateau en hivernage. Pendant les quelques semaines qui restent nous allons nous laisser porter au gré du vent.

 

En face de cette baie, il y a plusieurs îles. Nous décidons d’aller sur Hydra, une île où l’on se déplace uniquement à pied. Nous faisons une navigation avec du vent portant et nous nous apercevons que le génois est déchiré. Serait un signe pour nous dire qu’il faut bientôt rentré ? Non, non, nous avons un génois de rechange. Sur Hydra, la vie est concentrée autour du port. L’arrivée à la voile avec la vue sur le village est magnifique. Nous allons au mouillage à 2 km du port sur Mandraki, ce sera l’occasion d’une belle balade à pied jusqu’au village. Il est très agréable, on dirait un petit « Saint Tropez ». Quand on voit la taille du port aucun regret de ne pas avoir emmené Stélie ici. Nous passons une bonne heure à attendre le couché de soleil à la fraîche. Ah on est bien !

 

Le lendemain, nous trouvons un super mouillage au sud de l’île. Nous voulons rester 2 jours mais le deuxième, la police nous fait comprendre que nous ne sommes pas les bienvenus et que nous ne pouvons pas rester dans la baie. Nous gênons la baignade des touristes sur la plage. Pas tout à fait vrai d’après nous ! L’arrivée de tous les gros yatchs nous décide à aller un peu plus loin au calme. C’est là que nous rencontrons des français : Marie, Georges et Santa leur petite fille. Il navigue sur un Moody 45, Baptiste et Thibault seront ravis de pouvoir le visiter, nous de faire leur connaissance. Nous faisons aussi la rencontre d’une famille d’Edimbourg : Serge, Gemma et leur fils Arlo. Nous décidons d’aller faire du snorkeling tous ensemble. C’est la première fois que nous voyons autant de poissons en Grèce ! Expérience encore super sympa. Petit coin à retenir pour revenir l’année prochaine.

 

Nous devons partir car nous  allons être à court de vivres. Et oui, on ne vit pas que d’amour et d’eau fraiche. Nous allons faire les pleins à Porto Kheli. La côte est magnifique. Nous retrouvons des paysages boisés, il y a plein de petites criques. On aperçoit de jolies propriétés avec les yatchs amarrés à proximité. Le 25 juillet approche, il faut trouver un petit coin sympa pour fêter les 14 ans de Baptiste. Même si la ville n’a pas beaucoup de charme, nous trouverons quand même un très bon resto. Il nous reste 10 milles à parcourir pur aller à Kiladha. Nous trouvons un mouillage sympa sur la route, on décide de s’arrêter.

Une bonne frayeur

Ce petit arrêt imprévu nous réservera une drôle de surprise. Nous sommes toujours en admiration devant les paysages et nous apprécions le calme au coucher du soleil. Cela ne présageait pas du vent et des vagues qui sont arrivées en début de nuit. Tout cela n’était bien sûr pas annoncé sur les différents sites météo. Le vent tourne de 180°. Des rafales à 40 nœuds, le mouillage est plus qu’inconfortable, le bateau est baladé dans tous les sens. Stéphan programme l’alarme de mouillage et nous tentons de dormir un peu. Vers minuit, nous sommes sur le pont et nous voyons bien que nous avons reculé, l’ancre a chassé et le fond est passé de 6m à 3m50. Un italien sur un bateau voisin nous fait comprendre que notre bateau dérape. Pas de panique, restons zen !! Le temps de mettre un gilet de sauvetage et le harnais et nous commençons la manœuvre pour quitter le mouillage et partir en fuite de nuit. Nous allons retourner au port de la veille. Il faut d’abord sortir du mouillage et s’éloigner des côtes avec 30 nœuds de vent dans le nez et pas mal de hauts fonds. Ca balance !! Nous avons laissé l’annexe à l’arrière, une fois n’est pas coutume. Pas sûr qu’on la retrouve à l’arrivée. Une fois au large, le génois nous portera à 4 – 5 nœuds jusqu’au port. Nous avons pris quand même de bons embruns et la cabine avant aura été bien rincée. Dans la baie du port, le vent et la houle sont moins forts. Vers 2h, nous pouvons enfin reprendre le mouillage et cette fois ci, notre ancre cramponne bien. L’annexe est toujours amarrée, à l’envers mais elle est là et les rames aussi. Incroyable. Je crois que nous n’avons jamais été aussi contents de voir cette annexe qui prend l’eau et qui nous trempent les pieds à chaque voyage !

Nous croyons être à l’abri ici sur le continent mais nous avions oublié que nous étions en Méditerranée. La météo réserve toujours des surprises ici.  Le lendemain l’orage est arrivé. Ca a au moins rafraichi un peu l’atmosphère. Voilà encore une nouvelle expérience en voile. Le skipper a dit qu’on avait assuré !!

 

10 réponses à “Presqu’arrivés

  1. Superbes aventures 😊
    Bravo à vous.!!!
    Si ça sent la fin, c’est remplis de toutes ces rencontres, experiences et sensations qu’ elle se fera.
    Au plaisir de vous revoir.
    gros bisous des Alpes du Sud .

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  2. Que de souvenirs et d’aventure vous êtes désormais prêt pour le tour du monde 😁
    Avec un peu de retard bon anniversaire à Baptiste 🎂 .
    Aller encore quelques temps de navigation profitez en bien
    Bise

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  3. Séquence nostalgie: mamie Simone en son temps aurait dit et pour toute autre raison <> et cela convient parfaitement à cette vie de bateau, par ailleurs tellement délicieuse. Et puis, soudain tout change!! les caprices du vent nous surprennent, alors les points d’interrogation surgissent au dessus des têtes, pas de temps à perdre, il faut très vite négocier un départ précipité, et là mamie, toujours Simone, n’aurait pas manqué de dire aussi:<>. Le vent se calme, la mer s’appaise, tout reprends sa place….nos corps et nos cœurs, les choses dérangées un peu bousculées, sans oublier les coussins mouillés d’eau de mer, l’annexe à l’envers se retrouve à l’endroit, car on l’aime cette annexe qui nous amène à terre. Puis on se sent bien, le petit capuccino est là pour nous ravigoter!! et de se dire que cette vie de bateau est vraiment belle, les photos, les rencontres au gré des mouillages et le partage sont bien eux, les essentiels de votre voyage. Encore un joyeux anniversaire à Baptiste le doux rêveur. Affectueusement bises à vous quatre

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    • J’adore lire ces petits commentaires. Ce florilège de bons mots est un petit délice. De quoi alimenter notre journal de bord pour repenser notre dans quelques temps… nostalgie

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  4. Encore un très bel article et de belles histoires !
    Encore un merveilleux commentaire de Christine qui nous régale ! Et on sait à présent de qui stef tient son talent d’écriture… certainement plutôt du côté de son père.

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